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Contenu
Depuis
le début des années 1980, plusieurs pays ont introduit l’ordinateur dans leurs
systèmes scolaires, lorsque leurs prix sont devenus accessibles par la majorité
des gens. Cela a certainement offert des possibilités variées et a installé des
nouveaux moyens pour concevoir et diffuser des supports et contenus de
formation. Dans cette perspective, et
avec l’avènement de la formation à distance, plusieurs phénomènes liés au
domaine de l’enseignement se métamorphosent y compris le concept de classe.
En
effet, on parle de plus en plus de classe virtuelle contre celle dite in situ
ou présentielle. Définie par Weissberg (1999) tel « un dispositif de
présence à distance », la classe virtuelle est un environnement de travail
qui s’appuie sur une métaphore spatiale du lieu réel (campus universitaire par
exemple), en se basant sur une IHM[1] ergonomique permettant aux enseignants et aux apprenants d’être
regroupés en guise d’une communication active et fructueuse.
Que
ce soit dans une classe virtuelle, présentielle ou même hybride, plusieurs
enseignants intègrent de plus en plus des moyens technologiques (wiki, blog,
carte conceptuelle, chat, ou forum) dans leurs pratiques quotidiennes en vue de
motiver leurs apprenants et de varier leurs méthodes d’enseignement.
Réflexion sur les outils technologiques :
Des
théoriciens de la formation à distance (Rumble 1986 et Moore 1993) ont
développé la théorie de dialogue transactionnel. La communication, selon ces
deux chercheurs, est une forme d’interaction entre deux interlocuteurs actifs
utilisant divers outils technologiques comme moyens d’échange, que d’autres qualifient
de monocanal.
En effet,
chacun de ces dispositifs technologiques utilisés dans la communication comme
étant le pivot de tout apprentissage que ce soit in situ ou à distance, possède
des avantages comme des inconvénients. L’avènement des outils comme le blog, le
wiki ou tout autre moyen de collaboration a engendré des interactions
dynamiques entre les individus en dépit de la distance physique où chacun
d’entre eux ressent un sentiment d’appartenir à cet environnement virtuel et
éprouve la volonté de partager et de collaborer avec les autres utilisateurs
comme s’il était vraiment présent.
Dans
cette perspective, le wiki a le potentiel de substituer aux méthodes
transmissives déployés depuis plusieurs années dans les environnements de
formation. Cet outil permet aux apprenants de construire leurs connaissances
dans une atmosphère collaborative en leur offrant une multitude d’avantages qui
se résument en :
·
Rapidité
d’écriture : cela se traduit dans la possibilité d’ajouter ou de modifier
facilement des pages dans un court laps de temps.
·
Collaboration
au travail : cela permet aux apprenants de construire mutuellement leurs
savoirs. Ils peuvent modifier, corriger et étayer les produits des autres et
d’accepter qu’on leur corrige.
·
Facilité
d’utilisation : ce concept est lié à la gestion simple et efficace des
pages wikis possible par leur syntaxe simplifié par rapport à HTML.
Mais
ceci n’empêche guère la présence de quelques désavantages que je résume
en :
·
Manque
ou absence totale de la véracité scientifique des articles publiés en
wikis: Dans ce cas, il est fort recommandé aux enseignants de superviser les
contenus publiés par leurs apprenants en leur exigeant de citer leurs
références bibliographiques.
·
Neutralité
des informations : se traduisant dans la possibilité que chacun peut
écrire ce qu’il veut et sortir du thème du wiki. Pour pallier à ce défaut, la
présence d’un modérateur est fort recommandée.
·
Absence
d’une syntaxe standardisée pour tous les wikis : Cela engendre une
difficulté majeure dans le transfert des données d’un wiki à l’autre.
Comme
le wiki, le blog est un outil technologique collaboratif permettant le partage
des textes, images, sons et vidéos. Dans le domaine de l’enseignement, le blog
est considéré comme un outil puissant qui permet à l’enseignant d’innover
ses pratiques professionnelles en vue de les rendre plus attractives et plus
dynamiques. En effet, il peut diffuser des propos pédagogiques pour ses
apprenants tout en les incitant à les enrichir. Dans cette perspective, je cite
les avantages suivant de l’utilisation du blog dans
l’enseignement/apprentissage :
Pour
les apprenants :
·
Possibilité
d’interaction avec les autres.
·
Apprentissage
à un rythme approprié.
·
Acquisition
des compétences en TIC.
·
Formalisation
des idées par l’écriture.
Pour
l’enseignants, il lui permet de :
·
Pratiquer
une pédagogie différenciée.
·
Repenser
et diversifier ses pratiques pédagogiques.
·
Motiver
ces apprenants.
·
Enrichir
ces connaissances en TIC.
Grosso
modo, l’utilisation bénéfique de ces outils technologiques demande une
réflexion au préalable de la part de l’enseignant des scénarios à suivre. Tout aussi, il doit
être muni de connaissances théoriques et techniques liées à ces dispositifs.
Application en milieu scolaire :
La révolution
web 2.0[2] a pratiquement influencé tous les domaines de notre vie y compris le
secteur de l’éducation, notamment avec l’avènement de certains outils comme le
wiki, le blog, le chat et le forum, on observe une constante mutation des
pratiques d’enseignement / apprentissage vers le numérique. Signalons que, malgré
quelques obstacles rencontrés, ces moyens offrent d’énormes possibilités aux
apprenants en matière de travail collaboratif qui vise principalement l’amélioration
de l’écrit en milieu scolaire.
Dans
cette perspective, et dans le cadre d’un projet d’école qui vise l’amélioration
du français comme langue étrangère à l’enseignement primaire, notre comité d’enseignement
a adopté un plan d’action qui tend vers
l’apprentissage de cette langue par l’écrit. Cette expérience concerne les
classes de la 6 AEF.
Dans
ce contexte, l’utilisation du blogue en classe a engendré des effets positifs
que nous avons recensés. En effet, les apprenants ont beaucoup apprécié son utilisation
pour leurs productions écrites. Ils le trouvaient rapide, fiable et motivant. De
là, l’utilisation de ce moyen pourrait améliorer la motivation intrinsèque des élèves
et développer chez eux l’habileté d’écriture parce qu’ils se sentaient
confiants, ce qui les amène à s’exprimer plus facilement et plus souvent. De plus,
les apprenants éprouvaient un sentiment d’appartenance à la communauté de
classe (télé-présence), chose qui était absente sans l’utilisation du blogue
qui offre une occasion d’écriture authentique par la présence de réels
destinataires. Par conséquent, les élèves faisaient preuve d’un investissement incontournable
et d’un engagement total dans les activités scolaires via cet outil.
Pour
l’enseignant, l’usage du blog lui offre la possibilité de renouer et de
modifier ses relations avec ses élèves. Il devient alors facilitateur,
médiateur et accompagnateur. D’ailleurs, le blog est un contexte favorable pour
l’application de la pédagogie différenciée. En effet, il permet à l’enseignant
de cerner les difficultés d’apprentissage de chaque élève et puis d’intervenir
d’une manière plus appropriée et plus spécifique.
Concepts liés à la carte conceptuelle :
La carte
conceptuelle, nommée aussi réseau sémantique (semantic mapping), est une
représentation graphique utilisant deux entités (concepts et relations) interconnectés
qui servent à représenter, faciliter et communiquer une idée. Elle permet aussi
de dépasser les limites du langage écrit et facilite l’appropriation et l’apprentissage
des concepts difficiles. Elle se constitue de nouds qui contiennent les
concepts traités et les liens commentés par un texte décrivant les relations
entre deux concepts. Elle peut figurer sous plusieurs types :
- Chaîne sous forme de raisonnement
séquentiel.
- étoile ou radial sous forme de
connaissances cloisonnées.
- arbre hiérarchique sous forme de
composition en sous parties ou analyse;
- réseau sous forme interconnectées
complexes.
Un concept
est une idée générale ou un principe. Pour représenter les concepts on utilise,
normalement, un code couleur avec des formes géométriques différentes.
La
carte conceptuelle, comme étant un outil de schématisation et pouvant
synthétiser et transférer un grand nombre d’informations, trouve ces racines dans
les fondements du modèle constructiviste, notamment avec joseph Novak et
Alberto Canas. Le cas échéant et dans le domaine pédagogique, elle représente
un outil valeureux qui peut aider l’enseignant dans diverses pratiques, de la
construction des concepts jusqu’à l’évaluation des apprentissages. En ce sens, parmi
les avantages pédagogiques de la C. C., elle :
- Permet de donner une
signification aux apprentissages en faisant une liaison entre les
connaissances antérieures et celles en cours d’acquisition.
- Permet l’organisation des
connaissances en structures mentales cohérentes.
- Réduit la charge de traitement
cognitif par l’extension de la mémoire de travail.
- Favorise la pensée réflexive.
- Aide à comprendre et à
mémoriser un grand nombre de concepts liés à un domaine.
- Favorise la sollicitation
synergique des deux hémisphères cérébraux : la partie gauche concerne
la logique, le langage et la rationalité et la partie droite concerne
l’analogie, la spatialisation et la créativité.
- Permet la sollicitation des
cinq fonctions du cerveau : réception, mémorisation, analyse,
contrôle, production.
- Permet l’application des quatre
R de la mémoire : repérer, ranger, relier, retrouver.
- Donne une posture gagnante pour
apprendre un cours.
Dans cette
perspective, j’ai déjà eu la chance d’utiliser ce moyen très bénéfique pour
aider mes élèves à mémoriser beaucoup de concepts. En effet, dans l’étape
ultime de chaque cours, j’incite mes apprenants à faire une synthèse sous forme
de carte conceptuelle afin de dénicher la meilleure d’entre elles ou de
construire un modèle commun pour étayé le résumé de la leçon. Nettement, cette
stratégie a contribué à l’amélioration de maitrise des concepts étudiés.
Figure 1: récupérée sur https://fantadys.files.wordpress.com
Comme tous les
sites internet, les blogs, les forums et les wikis sont soumis aux règles qui
régissent tous les services de la communication publique en ligne. Les
blogueur, par exemple, comme tous autres éditeurs, s’engagent à respecter le
droit à la vie privée. Ils ne doivent pas publier des contenus illicites ou
porter préjudice aux tiers par des injures, des propos racistes, etc… Le
blogueur est l’unique responsable de ce qui est publié dans son blog, même par
des tiers. Selon les lois en vigueur (art. 27 de la loi Hadopi), prévoit que
sera poursuivi comme auteur principal de l’infraction : « Le
directeur de la publication lorsque le message ou le propos incriminé a fait l’objet
d’une fixation préalable », (Sadry PORLON, https://porlonsadry.
wordpress.com. En ce sens, il est nécessaire de savoir qu’ « Un
particulier qui édite un blog est à la fois éditeur et directeur de la
publication ».
Sans avoir à
aborder les outils pédagogiques un par un en relation avec les textes
juridiques qui régissent leur utilisation, j’ai choisi certaines mesures à
prendre :
·
Connaître les
règles inhérentes à la publication en ligne.
·
Éduquer les
apprenants au bon usage des contenus technologiques.
·
Utiliser des
logiciels et des sites à licences
libres.
·
Citer les
références bibliographiques utilisées dans l’écriture des articles.
Bétrancourt, M. (2007).
Article pour les Dossiers de l’ingénierie éducative, hors-série : Les usages en
travaux. TECFA, Université de Genève FAPSE.
Bonk, C. J.et autres. (2009). Internet and higher education. Elsevier.
Couture, M. (2006). Trait d'union Express - Vol. 9 n°1.
Université Sherbrooke.
Charlier, B., Henri, F. et
Peraya, D. les forums de discussion au milieu éducatif, témoignage sur la
pratique de recherche.
Dumont, P. et Peraya, D.
Interagir dans une classe virtuelle : Analyse des interactions verbales
médiatisées dans un environnement synchrone.
Favel-Kapoian V. et Fédou, C. Droit
du numérique dans les pratiques scolaires. Académie de Lyon.
Gilliot, J. M. (2009). Des exemples de projets de Wikibooks
inter-institutions.
Giroux, P. et Martel, D. la télé-présence en éducation.
Université de Québec à Chicoutimi.
Gouvernement du Québec,
ministère de l’éducation, du loisir et du sport. (2013). Écriture 2.0 : la
rencontre de la technologie numérique et de l’enseignement de l’écriture.
Novak, J. D. (1977). A Theory of Education. Ithaca, NY:
Cornell University Press.
Saadani L. et Bertrand-Gastaldy S. (2000), Cartes
conceptuelles et thesaurus
